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Bilan pédagogique de la session 2011 de la certification de compétences en allemand (DSD I) Francis Goullier - Inspecteur Général de l’Éducation Nationale (allemand)

A. Une augmentation régulière du nombre de candidats

 

Les candidats au DSD I en 2011 ont été une fois encore en forte augmentation par rapport à l’année précédente (+ 21,5 %), malgré les doutes et hésitations suscitées par les résultats de la session 2010. Ceci montre, s’il en était encore besoin, que la certification est considérée par l’ensemble des acteurs de l’enseignement de l’allemand comme un levier utile pour l’enseignement de la discipline.

 

Session 2006

  8 400 candidats inscrits

 

Session 2007

12 000 candidats inscrits

+ 43 %

Session 2008

16 000 candidats inscrits

+ 33,5 %

Session 2009

19 400 candidats inscrits

+ 21 %

Session 2010

21 800 candidats inscrits

+ 12,5 %

Session 2011

26 540 candidats inscrits

+ 21,5 %

 

Cette augmentation importante cache cependant des évolutions (des stratégies ?) différentes selon les académies, puisque certaines ont présenté un nombre plus faible de candidats (jusque -12%) alors que d’autres ont utilisé le levier de la certification de façon plus systématique pour valoriser les résultats de l’enseignement de l’allemand (6 académies augmentent le nombre de leurs candidats d’au moins 40%).

 

Il est de ce point de vue intéressant de noter que si l’objectif visé par certains établissements était d’obtenir un meilleur taux de résultats en sélectionnant plus sévèrement les candidats, ce calcul ne s’est vérifié que de façon minimale, comme le montre le tableau suivant :

 

 

Progression du pourcentage de candidats ayant obtenu le niveau global B1 par rapport à 2010

(moyenne nationale : + 6,46 %)

8 académies ont présenté un nombre plus faible de candidats qu’en 2010

 

+ 6,59 %

 

11 académies ont augmenté le nombre de leurs candidats, mais de façon plus faible que la moyenne nationale (+ 21,5%)

 

+ 6,55 %

8 académies ont fait progresser le nombre de leurs candidats de façon plus importante que la moyenne (entre + 28,5 % et + 216 %)

 

+ 4,15 %

 

Certes, les académies qui ont le plus augmenté le nombre de leurs candidats ont vu leur pourcentage de candidats au niveau global B1 progresser un peu plus faiblement que les autres mais la différence (2,44 %) n’est pas significative. Une explication peut être avancée, mais mériterait d’être vérifiée, qui consiste à penser que la dynamique créée ainsi autour de la certification a eu des effets très positifs sur les entraînements et la motivation des élèves.

 

Signalons que les augmentations importantes du nombre de candidats ne se trouvent pas dans des académies qui seraient parties d’un nombre initial plus faible : les 8 académies ayant le plus fort taux de progression représentaient 22,5 % du total des candidats en 2010 et constituent désormais 33,5 % de ceux-ci en 2011.

 

L’interprétation des résultats globaux n’est pas simple ; mais une erreur possible doit être relevée. Les meilleurs résultats ne sont ni le fait des académies les plus proches géographiquement de l’Allemagne ni celles ayant un nombre de candidats très faibles. Ainsi, parmi les 8 académies dont les candidats obtiennent le niveau global B1 à plus de 29,31 % (moyenne nationale), on compte certes les académies de Nancy-Metz et de Strasbourg (avec ensemble 5591 candidats) mais aussi celles de Bordeaux, Montpellier et Toulouse (avec un total de 1965 candidats), deux académies de la région parisienne (avec 2460 candidats) et l’académie de Lyon qui compte, à elle seule, 1124 candidats.

 

Enfin, un « coup de chapeau » doit être adressé aux enseignants d’allemand de Corse, de La Réunion et de la Guadeloupe, qui bien qu’éloignés géographiquement de l’Allemagne, participent activement à la certification, même si les effectifs de candidats sont, dans certains cas, faibles.

 

B. Des résultats cohérents et riches en enseignements

 

Pour pouvoir apprécier les résultats obtenus à la session 2011, ceux-ci seront le plus souvent comparés avec ceux de la session précédente ainsi qu’avec ceux de 2007, première année de mise en œuvre à grande échelle de la certification après une session 2006 marquée par l’absence de préparation et les aléas inévitables lors d’une première expérimentation.

 

Tout d’abord, un motif de satisfaction nous est fourni par la comparaison du nombre des élèves ayant obtenu au moins le niveau A2 dans différentes activités langagières listées ci-dessous :

 

 

Session 2007

12 304 inscrits

Session 2010

21 827 inscrits

Session 2011

25 653 présents

au moins à 1 épreuve

Compréhension de l’oral

88,01 %

84,04 %

91,56 %

Compréhension de l’écrit

97,17 %

89,99 %

86,29 %

Expression orale

90,20 %

88,12 %

90,33 %

 

Expression écrite

87,97 %

79,71 %

87,30 %

 

 

L’augmentation du nombre de candidats entre 2007 et 2011 (+ 115 %) n’a pas entraîné de baisse de ces taux dans aucune des activités langagières, si ce n’est la compréhension de l’écrit sur laquelle nous reviendrons plus bas. La discipline assure de façon manifeste l’obtention du niveau A2 dans la quasi-totalité des cas, au plus tard en classe de seconde.

 

Bien entendu, cette certification indique aussi si les candidats ont obtenu le niveau global A2 ou B1 (chaque fois que les candidats ont obtenu le niveau concerné dans toutes les activités langagières évaluées). Les résultats globaux figurent dans le tableau ci-dessous :

 

 

Session 2007

12 304 inscrits

Session 2010

21 827 inscrits

Session 2011

24 825 présents à toutes les épreuves

Niveau A2

30,51 %

40,48 %

44,17 %

Niveau B1

41,82 %

21,88 %

30,29 %

A2 + B1

72,33 %

62,36 %

74,46 %

 

Pour être interprété de façon pertinente dans une perspective pédagogique, ce tableau doit cependant pas être lu sans référence aux résultats obtenus par les candidats, activité langagière par activité langagière.  Certes, 25,53 % des candidats présents à l’ensemble des épreuves n’obtiennent pas le niveau global A2, donc n’ont pas fait preuve de ce niveau dans l’ensemble des activités langagières. Mais ce nombre cache une réalité bien plus importante d’un point de vue pédagogique. Sur les 6338 candidats présents à l’ensemble des épreuves et n’ayant pas obtenu au moins le niveau A2 global, on voit bien ci-dessous qu’une majorité d’entre eux (62 %) n’a échoué que dans une seule activité langagière. Ces élèves ne sont pas en échec, comme pourrait le laisser penser le chiffre brut d’obtention du niveau global A2.

 

Niveau A2 dans aucune des 4 activités langagières différentes

2 %

Niveau A2 dans 1 seule activité langagière

10 %

Niveau A2 dans 2 activités langagières

26 %

Niveau A2 dans 3 activités langagières

62 %

 

Bien entendu, l’objectif de la classe de seconde est le niveau B1. Que seuls 30% des candidats l’aient obtenu lors des épreuves du DSD I nous interroge.

 

L’examen attentif des résultats nous livre, de ce point de vue, des informations dont la discipline devrait exploiter différentes facettes.

Le tableau ci-dessous indique le pourcentage des candidats ayant atteint le niveau B1 dans différentes activités langagières :

 

 

Session 2007

12 304 inscrits

Session 2010

21 827 inscrits

Session 2011

 25 653 présents

au moins à 1 épreuve

Compréhension de l’oral

53,73 %

 

28,53 %

46,04 %

Compréhension de l’écrit

72,79 %

 

43,82 %

42,08 %

Expression orale

 

80,30 %

54,30 %

71,96 %

Expression écrite

 

67,73 %

45,98 %

64,16 %

 

Ces résultats sont cohérents. La légère baisse des pourcentages de réussite en expression orale et en expression écrite par rapport avec la session 2007 s’explique très aisément par l’accroissement sensible du nombre de candidats. Ces résultats montrent que des progrès sont encore nécessaires mais que la situation peut être considérée comme globalement satisfaisante. On peut se réjouir des effets très positifs sur les entraînements et sur l’engagement personnel des élèves dans ces deux activités, qui a sans doute été reconnu par les professeurs lors des évaluations correspondantes.

 

Même si le taux de réussite en B1 en compréhension de l’oral est loin de confirmer l’amélioration constatée en 2009 (64,22 %), on note avec satisfaction la progression nette dans cette activité langagière par rapport à la session précédente. Ce redressement tend à confirmer les doutes exprimés sur la validité de l’appareil d’évaluation dans cette activité en 2010. Cependant, les résultats indiquent tout aussi clairement que la discipline connait des difficultés pour faire acquérir les activités réceptives.

 

C. Le cas de la compréhension de l’écrit

 

Il nous faut, en particulier, être attentifs à la faiblesse significative des candidats en compréhension de l’écrit. C’est dans cette activité que se situe la baisse la plus importante par rapport à 2007 (- 30 %). L’élargissement des cercles d’élèves parmi lesquels ont été recrutés les candidats n’a pas entraîné d’augmentation comparable du nombre de candidats atteignant le niveau B1 :

 

 

Session 2007

12 304 inscrits

Session 2010

21 827 inscrits

Session 2011

25 653 présents

au moins à 1 épreuve

Nombre de candidats ayant atteint le niveau B1 en compréhension de l’écrit

 

8 956

 

9 564

 

11 341

 

La discipline rencontre des difficultés évidentes à faire acquérir par les élèves des stratégies et des savoir faire en compréhension de l’écrit qui leur permettent de dépasser le niveau A2.

Ce constat inquiétant est d’ailleurs confirmé par une autre étude conduite sur le comportement des candidats aux séries générales du  baccalauréat en LV1 à la session 2011. Une analyse détaillée des réponses apportées aux tests de compréhension par un échantillon de 2044 candidats de ces séries, pris au hasard, montre des résultats étonnamment très proches de ceux obtenus au DSD, alors que les épreuves du baccalauréat sont passées au minimum deux ans et demi plus tard. Doit-on diagnostiquer une stagnation en second cycle du secondaire, éventuellement due aux méthodes pédagogiques majoritaires ?

 

 

DSD 2011

 

25 653 candidats présents

Baccalauréat des séries générales 2011

27 764 candidats présents

% des candidats ayant apporté la preuve d’un niveau de compétences égal ou supérieur à B1

 

42,08 %

 

46 %

Nombre de candidats ayant atteint au moins le niveau B1

11 341 candidats

12 771 candidats *

 * ce nombre a été évalué approximativement à partir du nombre de candidats à la session 2010 (27 764)

 

Cette similitude dans les résultats, sur un nombre de candidats presque identique, est d’autant plus troublante que l’estimation du niveau de compétences dans cette activité langagière a été effectuée de façon différente dans les deux cas :

a)   analyse statistique poussée des taux de réussite aux différents items (pour le DSD)

b)   analyse qualitative des savoir faire linguistiques mobilisés par les différents items de l’appareil d’évaluation (pour l’analyse des résultats au baccalauréat)

 

27 septembre 2011 

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